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Supplique :Jules Supervielle (France: 1884-1960)

Archive - August 16, 2008, 17:49
O morts, n'avez-vous pas encore appris à mourir Quand il suffit de fermer les yeux une fois pour toutes Jusqu'à ce que disparaisse ce picotement des paupières Et cette jalousie ? Laissez reprendre à l'amour le cours de sa rêverie Et que nos jours revendiquent la verdeur de la prairie. Ne posez pas ainsi vos doigts sur le cœur des hommes vivants Pour causer nos intermittences Et les commenter tout le long De votre langage sans mots. N'approchez pas de nous la nuit Pour nous verser la maladie, Ne vous mélangez pas à nos pensées Comme le sang frais aux bêtes blessées. N'arrêtez pa.
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